BMCE Capital Research participe à la conférence des consolideurs sur la réglementation financière

Quelques mois après l’entrée en vigueur de la circulaire de l’AMMC au sujet de l’information financière, l’Association Marocaine des Consolideurs Financières (AMCF) et la Bourse de Casablanca (BVC) ont organisé une rencontre sous le thème ‘l’information financière à la lumière des dernières nouveautés réglementaires et normatives’.

Intervenant à l'occasion, Ghita Benider, responsable Bourse chez BMCE Capital Research, filiale de recherche de la banque d’affaires BMCE Capital,  a dressé un diagnostic exhaustif de la pratique de la communication financière dans le Royaume.

Opérant sur le marché depuis plusieurs années, elle a pu assister à l'évolution des pratiques chez les émetteurs et dressé plusieurs constats. A ce jour, quelque 32% des publications se font en IFRS, en sachant que c’est obligatoire pour les banques depuis 2008. Mais l'information diffusée mérite d’être enrichie. «La majorité des sociétés publie seulement le bilan et le CPC, et les états financiers des sociétés cotées, hors banques, ne comprennent pas généralement d'annexes détaillées aussi bien en social qu'en consolidé», déclare-t-elle devant un public d'émetteurs et de chargés de consolidation chez les entreprises.

Le deuxième constat concerne le déphasage entre les états financiers semestriels et annuels qui ne comprennent pas les mêmes états. «A titre d'exemple, je peux citer le TFT, l'ESG pour les sociétés industrielles ou l'état des placements Tableau D4 pour les compagnies d'assurances», explique-t-elle.

Autre constat majeur : 22% des sociétés cotées publient leurs comptes les derniers jours des délais réglementaires, proportion qui atteint 30% pour les semestrielles. Ghita Benider souligne également que les conférences de presse ne sont pas tenues de manière régulière par les émetteurs, seulement 40% des sociétés cotées en tiennent annuellement de manière formalisée et 22% chaque semestre.

Enfin elle a noté une grande disparité dans les contacts avec les émetteurs : le processus est très bien rodé avec certains, mais pour d’autres il est beaucoup plus difficile d’avoir l’information et le bon contact.

Des pistes d’amélioration ? Mme Benider a proposé l’harmonisation des publications trimestrielles, principalement en ce qui concerne l’endettement et au Capex pour avoir une même base, et l’ajout au niveau des publications trimestrielles, des agrégats relatifs à l’exploitation, comme l’EBE. Elle a également proposé d’enrichir les communiqués de presse, avec de l’information sectorielle par exemple.

L'analyste s'est dite «globalement satisfaite» des publications trimestrielles, car elles ont donné une meilleure visibilité sur les principaux agrégats. Selon elle, une certaine confusion a été observée sur les indicateurs du deuxième trimestre avant le constat d'une plus grande homogénéité au troisième trimestre.